Le vibromasseur, du cabinet médical…
LE VIBROMASSEUR, UN REMEDE AU MANQUE DE PLAISIR SEXUEL
Le film « Oh My God! » sorti en salle le 14 décembre 2011 nous décrit l’invention de l’ancêtre du sextoy, objet de désir qui aurait favorisé l’émancipation sexuelle des femmes. Ce film fait référence au vibromasseur qui devient alors l’objet du siècle.
Quelques années en arrière, ce film aurait été bien entendu censuré. Odile Buisson, gynécologue obstétricienne découvre en visionnant ce film : une comédie sans tabou qui déculpabilise les utilisateurs du godemiché.
Ce film est basé sur des faits réels. Cette histoire se déroule dans L’Angleterre Victorienne, au XIXème siècle. Mortimer Grandville est un jeune et séduisant médecin. Il intègre le service du Dr Dalrymple, spécialiste de l’hystérie féminine. Pour lui, il suffirait de donner du plaisir par un traitement simple mais efficace afin de soulager les troubles hystériques. Pour les femmes en mal d’amour, des massages pelviens pratiqués par les médecins deviennent le remède pour leurs troubles. Un traitement visant à apporter plus de plaisir. Le docteur Mortimer y met toute sa volonté mais une vilaine crampe à la main l’empêche de continuer à pratiquer. Avec la complicité de son meilleur ami, il décide de mettre au point un traitement révolutionnaire. C’est ainsi qu’il crée l’objet le plus inattendu : un vibromasseur. Le premier est électrifié, comme un grille pain ou une machine à coudre. Ainsi les femmes peuvent l’utiliser sans avoir besoin d’une aide extérieure.
Frustration sexuelle et troubles mentaux.
A l’époque, les hommes ne comprenaient pas les femmes de la même manière qu’à notre siècle. Le sexe est devenu un sujet tabou. Mais le plaisir des femmes ne comptait que peu d’importance dans la vie d’un couple. Sans plaisir, une femme est frustrée. A force, des troubles mentaux peuvent être provoqués : des énervements, de l’émotivité et bien d’autres troubles. Rachel P. Maines, historienne américaine démontre dans son livre « Technologies de l’orgasme »que l’hystérie serait diagnostiquée à cause de l’incompréhension masculine. Les femmes se focaliseraient sur la pénétration mais ne connaissant pas la jouissance grâce à leur partenaire sexuelle, elles en deviendraient hystériques.
Les femmes culpabilisaient de devoir se masturber elle même afin de ressentir le plaisir sexuel dont elles étaient privé. Elle surmontait difficilement ce manque car pour elles jouir leur était d’une certaine façon interdit. Le plaisir de la femme fut longtemps mis de côté. Elle n’avait aucun droit réel sur son corps. Si par malheur, elle tentait de draguer un homme, elle était très mal vue auprès de la bonne société. Seul l’homme pouvait lui faire la cour.
Le gode miché : remède miracle au plaisir
Nombreuses études démontreraient que le sexe et la santé pourraient être liés.
Alain Giami, directeur de recherche à l’Inserm, souligne que le vibromasseur ne serait qu’un outil pour satisfaire les besoins sexuels de la gent féminine. Mais que grâce à cet objet, leur santé serait meilleure.
Beverly Whipple, chercheuse sexologue démontre que les femmes supportent 110% plus de douleur durant un orgasme. Les migraines par exemple en seraient réduites. Désolé Mesdames, vous ne pourrez plus dire à votre compagnon : « Pas ce soir, chéri, j’ai la migraine ». Ce ne sera plus une excuse puisque le sexe devient le remède miracle à la douleur.
Pour une femme, les orgasmes à répétition seraient bénéfiques à la longévité. L’incontinence urinaire se ferait rare grâce à une sexualité fréquente.
L’organe politique : le clitoris
Le gode miché devient l’outil de l’émancipation sexuelle des femmes. Ainsi elles ont enfin le droit au plaisir qui leur ait dû. Selon Odile Buisson, le clitoris est un organe politique.
Avant la seule fonction sexuelle de la femme ne consistait qu’à féconder. Une femme qui n’avait pas d’enfant n’était pas une bonne reproductrice. Le rôle féminin ne consistait qu’à être mère. Une femme devait seconder son mari, répondre à toutes ses demandes, donner du plaisir aux hommes mais n’avaient pas besoin selon la société d’être contentée à son tour. Selon Alain Giami, les travaux de recherches sur les troubles de l’érection sont beaucoup plus développés que ceux sur les troubles sexuels féminins. Le viagra par exemple n’est utilisé que par la gent masculine. Les produits pour favoriser le plaisir des femmes sont plus rares.
A nos jours, le marché des vibromasseurs est en pleine expansion. On en trouve de couleurs différentes, de plusieurs matières. Par contre, ils ne sont pas toujours adaptés à la morphologie de la femme. Ils sont souvent de tailles inappropriées. Les fabricants de sextoys doivent encore améliorer les godemichés. Mais c’est un outil qui devient très populaire, non seulement auprès des femmes frustrées, célibataires mais il est aussi utilisé auprès des couples qui veulent ajouter un plus de plaisir à leurs relations.